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Produced by Mireille Harmelin, Christine P. Travers and
the Online Distributed Proofreading Team at dp-rastko.net.
(This file was produced from images generously made
available by Gallica-Bibliothque nationale de France.)









HISTOIRE DE L'MIGRATION

PENDANT LA RVOLUTION FRANAISE




TOME II

DU DIX-HUIT FRUCTIDOR AU DIX-HUIT BRUMAIRE




PARIS

LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie 79,

BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79

1905

Droits de reproduction et de traduction rservs.




OUVRAGES DE M. ERNEST DAUDET

PUBLIS PAR LA LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie

=Histoire de la Restauration.= Un volume in-16. (_puis._)

=Histoire des conspirations royalistes dans le Midi.=
Un volume in-16, broch. 3 50

=Le Roman d'un Conventionnel.= HRAULT DE SCHELLES
ET LES DAMES DE BELLEGARDE. Un volume in-16, broch. 3 50


OUVRAGES POUR LA JEUNESSE

=Robert Darntal.= Un volume in-8{o}, illustr, broch. 4 "

=Nini-la-Fauvette.= Un volume grand in-8{o}, illustr, broch. 7 "




HISTOIRE DE L'MIGRATION

PENDANT LA RVOLUTION FRANAISE




LIVRE SEPTIME

LES MIGRS ET LE XVIII FRUCTIDOR


I

REGARD EN ARRIRE[1]

[Note 1: Depuis l'poque o a paru le premier volume de cet
ouvrage et tandis que l'auteur prparait celui-ci, il a reu
communication de documents prcieux, relatifs l'migration:
les papiers de Louis XVIII de 1796 1814, ses manuscrits
autographes, les registres de ses correspondances, les
lettres des souverains, celles de sa famille, de ses agents.
En examinant ces richesses documentaires qui, pour la
plupart, n'taient jamais sorties, depuis plus d'un sicle,
du dpt o elles sont conserves, il a eu la satisfaction de
constater la rigoureuse exactitude de ses rcits antrieurs.
Mais elles lui ont impos la ncessit de revenir,
incidemment, pour les complter, sur des pisodes qu'il a
dj raconts et sur des personnages la physionomie
desquels il y avait lieu d'ajouter quelques traits nouveaux.]


L'anne 1797, qui vit le Directoire excuter contre la majorit du
conseil des Anciens et du conseil des Cinq-Cents le coup de force que
rappelle la date du dix-huit fructidor, est celle de toute la priode
rvolutionnaire qui s'annona comme la plus favorable aux entreprises
royalistes et au rtablissement de la monarchie. La raction
formidable et trop souvent tragique qui avait suivi la chute de
Robespierre s'accusait et se dveloppait. En dpit de ses efforts pour
renatre, le terrorisme semblait vaincu; ses principaux chefs avaient
pri, et quoique, avant de se sparer, la Convention, dans la cynique
pense de se survivre, et os dcrter que les deux tiers de ses
membres figureraient de droit dans l'assemble nouvelle, qu'en vertu
de la Constitution le pays allait tre appel lire, les lecteurs,
qu'indignait, pour la plupart, cette dcision arbitraire, avaient
choisi, pour former le nouveau tiers, des hommes notoirement connus
par leur hostilit au rgime de sang qui venait de finir.

Tous ces lus n'taient pas royalistes. Beaucoup d'entre eux avaient
mme pactis avec la Rvolution ses dbuts. Mais, clairs par ses
excs ou ressaisis par d'anciennes convictions, tous taient affams
de tranquillit et susceptibles de favoriser, sans trop regarder la
forme et l'tiquette, la formation d'un gouvernement qui, jaloux de
ne retomber ni dans les abus de l'ancien rgime ni dans les forfaits
de la Terreur, assurerait la France le repos et la prosprit dont
elle tait depuis si longtemps sevre.

Ils ne constituaient pas encore une majorit dans le conseil des
Cinq-Cents. Mais, leur rle tendant de plus en plus devenir
prpondrant, ils taient autoriss penser que les lections qui
devaient avoir lieu en cette mme anne 1797, pour le renouvellement
d'un tiers de l'assemble, leur donneraient la supriorit du nombre
et les rendraient assez puissants pour secouer le joug du Directoire,
lui dicter leur tour des lois et en chasser l'lment
rvolutionnaire qui s'y tait introduit ds le premier jour.

Peut-tre alors et si le prtendant entrait dans leurs vues,
verrait-on se coaliser pour crer un gouvernement reprsentatif, comme
en Angleterre, les constitutionnels, les rpublicains dsabuss, voire
les orlanistes, qui ne pouvaient plus compter sur les princes
d'Orlans passs en Amrique. Que les royalistes purs leur
apportassent un concours actif, dsintress, et la restauration de la
monarchie rsulterait srement de cet accord. Afin de le prparer,
d'en discuter les conditions et d'en tablir les bases, le parti dont
nous parlons n'attendait qu'un appel du roi pour lui envoyer un
missaire charg de lui exposer ses dsirs.

Tandis que les royalistes du dedans se livraient ces esprances sans
parvenir toujours se mettre d'accord sur les moyens de les raliser,
ceux du dehors, c'est--dire les migrs, plus diviss encore, s'y
associaient avec ardeur et s'efforaient de s'emparer de la direction
des mouvements de l'intrieur ou d'en provoquer de nouveaux pour les
faire tourner les uns et les autres au profit de la royaut lgitime.
En Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Russie, en Sude, partout
o l'on tolrait encore leur prsence, ils intriguaient, entretenant
secrtement des relations avec leur pays, y envoyant leurs agents,
s'efforant de ranimer le zle expirant de la Vende qu'avait frappe
au coeur le dsastre de Quiberon; fomentant des insurrections Lyon,
dans le Midi, dans l'Est; tentant de rallier leur cause les gnraux
les plus fameux de la Rpublique, voire les membres du Directoire; ne
se lassant jamais dans cette tche en dpit des checs successifs de
leurs tentatives et ne dsesprant pas de voir se reformer la
coalition des grandes puissances, bien que la Prusse et l'Espagne s'en
fussent dtaches pour conclure la paix avec la Rpublique et que
l'Autriche, puise par ses luttes sur le Rhin et en Italie, part
dispose les imiter.

Le prince de Cond, avec sa petite arme, campait dans le pays de
Bade, parmi les Autrichiens qui d'ailleurs le tenaient en dfiance,
affectaient de ne pas l'employer et manifestaient si visiblement
l'intention de ne pas garder ses troupes leur solde, s'ils taient
contraints de faire la paix avec la France, qu'il se dcidait
ngocier avec l'empereur de Russie Paul Ier, afin d'obtenir qu'il les
prt son service;--ngociation qui allait, en aboutissant, faire
passer en Wolhynie dans la Pologne russe, revtus de l'uniforme
moscovite, quelques milliers de Franais migrs et, avec eux, le
prince de Cond, son petit-fils le duc d'Enghien et les deux fils du
comte d'Artois, le duc d'Angoulme et le duc de Berry.

Le comte d'Artois, ce moment, rsidait en Angleterre ou plutt en
cosse, dans le chteau d'Holy Rood, aux portes d'dimbourg. Le
gouverneur britannique l'avait en quelque sorte intern l son
retour de l'le d'Yeu en 1795, alors qu'il venait de manquer maintes
occasions de passer en Bretagne et de tenir ainsi la parole donne par
lui Charette. Le ministre anglais jugeait sa prsence impossible
Londres, o il et t d'ailleurs difficile de le soustraire aux
poursuites de ses cranciers. C'est d'dimbourg qu'il s'efforait
encore, mais en vain, d'exercer son influence sur les affaires de
l'migration.

Plus libre et plus heureux que lui, le duc de Bourbon, fils unique de
Cond et pre du duc d'Enghien, avait pu se fixer dans la capitale de
l'Angleterre. On le disait dispos faire ce que n'avait pas fait le
comte d'Artois, se jeter en France pour y prendre le commandement de
quelque mouvement insurrectionnel; il n'attendait, prtendait-on, que
les ordres du roi. Mais ces ordres n'arrivaient pas, soit que le roi
considrt que l'heure n'tait pas revenue o la prsence d'un prince
en France apporterait une force son parti; soit, ce qui apparat
plus visiblement encore dans sa correspondance, qu'il craignt que la
maison de Cond n'acqut trop de popularit en se mettant toujours en
avant et qu'il prfrt tre reprsent dans son royaume, au moment
opportun, par un prince plus rapproch du trne, tel que le duc de
Berry, le plus jeune et le plus entreprenant des fils de son frre.

Le comte d'Artois dimbourg et le duc de Bourbon Londres se
jalousaient et se dnigraient. Dans l'entourage du second, on
reprochait au premier de n'avoir pas os passer en Bretagne, malgr
les appels ritrs des chefs vendens; dans l'entourage du premier,
on accusait le second de ne rester Londres que pour ne pas
s'loigner de la comtesse de Vaudreuil, jeune femme d'un vieux mari,
laquelle il tait passionnment dvou.

Le roi tait Blanckenberg, dans le duch de Brunswick en Allemagne.
Il avait auprs de lui, en qualit de premier et unique ministre, le
duc de La Vauguyon et le comte d'Avaray, auquel l'attachait une
reconnaissante amiti dont, un peu plus loin, nous expliquerons les
causes. Le duc de la Vauguyon, pair de France et jadis reprsentant du
roi trs chrtien en Hollande, tait ambassadeur en Espagne quand la
Rvolution avait clat. Elle ne le maintint pas longtemps son
poste, qu'il dut abandonner en 1791. Mais il ne s'loigna pas de
Madrid, ou plutt il y revint aprs en tre parti, s'efforant d'y
rendre son souverain captif et aux princes migrs les services d'un
serviteur fidle.

Au mois de juin 1795, aprs la mort de Louis XVII, Monsieur comte de
Provence, qui rsidait alors Vrone, s'tant dclar roi sous le nom
de Louis XVIII, avait rsolu de se donner deux conseillers en titre,
au lieu et place du marchal de Castries, qui, depuis la mort de son
frre, dirigeait sa diplomatie. Ce n'est pas qu'il et cess
d'apprcier sa vraie valeur le dvouement de ce vieux et loyal
soldat. Mais il s'tait un peu lass de sa dure franchise, de sa
disposition tout critiquer. Sans vouloir renoncer ses services, il
prfrait les utiliser de loin que de prs.



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